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Le regard du cinéphile |
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Film français. Genre : Thriller Durée : 2h20min Date de sortie : 02 Mars 2005 Le romanesque, le jusqu'auboutisme, la mise en relief d'un film, voilà qui caractérise entre autre le septième art. Peut-être est-ce parce que le documentaire est aseptisé par son besoin de ne relater uniquement les faits. Peut-être est-ce parce qu'il n'a pas cette même liberté d'interpréter. Le film de fiction possède une sorte de blanc seing à la base. Je reconnais que cette facilité est parfois dangereuse par le risque de dérive qu'elle représente. Ainsi prenons l'exemple de ce film " La chute " signé Oliver Hirschbiegel. Celui-ci a soulevé la polémique. Le réalisateur s'est, en effet, permit de mettre en relief quelques traits humains chez Adolph Hitler. De la sorte, certain esprit faible pourrait y voir l'occasion de légitimer une vénération pour ce tyran. La même question pourrait être posée concernant " Le couperet " signé Costa-Gavras. Le monde dans lequel nous vivons est cruel. Il se dit de plus en plus civilisé, de plus en plus tolérant. Or quant est-il de ces soi-disant progrès ? A bien des égards l'homme est toujours un loup pour l'homme. La religion et son lot d'intégristes sont certes souvent incriminés. Mais force est de constater que dans les pays dits laïcs à économie de marché, comme la Belgique ou la Hollande (pays où se déroule le scénario), soumis au dictat des multinationales, les individus ne voient pas en l'autre un hérétique mais plutôt un rival. Pour Bruno Davert, joué par José Garcia, il n'y a plus de doute possible. Si toutes les méthodes sont bonnes pour l'exclure du marché du travail, toutes les méthodes sont, elles aussi, bonnes pour se faire une place dans cette jungle. L'offre et la demande jouent à cache-cache sur les marchés, même de l'emploi. Il suffit de le réguler pour obtenir qu'il s'équilibre de nouveau à notre avantage. Jadis certains prônaient une bonne guerre. C'est aussi par les armes que notre héros trouve sa solution. Car il veut garantir à son foyer de pérenniser son confort de vie. José Garcia en serial killer a ce don de surprendre. Loin des ses interprétations comiques, il se veut crédible. Même si la ritournelle des meurtres semble un peu toujours la même. Karine Wiart s'est, elle aussi, bien établie dans son rôle. Dans cette peau de mère de famille, elle maintient la pression, entretient bien le malaise et isole encore plus son mari par ses questionnements. " Le couperet " fait réfléchir par son constat. Il n'est pas le seul à évoquer cette violence sociale. D'autres s'y sont essayés. Je pense notamment à " Violence des échanges en milieu tempéré " de Jean-Marc Moutout sortie en 2002. Ces films sont paroxystiques. De ce fait, ils montrent combien, à la marge, certains dangers de notre modèle économique actuel. Et ainsi, ils agissent comme des sonnettes d'alarme. VD |
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Le Couperet |
