Le Choc des mondes

Le regard

du

La planète Zyra se précipite vers la Terre et menace de la détruire... Tirés au sort, quelques citoyens pourront échapper au cataclysme en embarquant dans une fusée, financée par des industriels avisés, qui voient là l'occasion de créer une nouvelle civilisation de l'espace...


Quel bonheur de visionner ces vieux films de science-fiction américains ! Sorti en 1951, le Choc des mondes est chapeauté par des pointures du cinéma hollywoodien de l'époque : réalisé par Rudolph Maté, produit par George Pal, co-produit par Cecil B Demille, il s'agit d'une grande production à effets spéciaux.


A ce titre, notons que le film a été nommé deux fois aux Oscars de 1952, Tout d'abord, dans la catégorie "Meilleur photographie" et, ensuite, dans la catégorie "Meilleurs effets spéciaux". Il a remporté la récompense dans cette dernière catégorie.


En effet, la reconstitution des raz-de-marée ou des tremblements de terre étaient particulièrement réalistes pour l'époque. Oui, bien entendu, après avoir vu les Meteor, Deep Impact, Armageddon et compagnie, on sourit devant ce vaisseau spatial en forme de grand V2 (il décolle d'ailleurs sur des rails !), ou devant le décor kitsch de la planète Zyra, où les survivants parviennent finalement à se poser, supposé vierge de toute vie, mais sur lequel on distingue au loin des murs bétonnés de type bunkers !


Pourtant, ce film possède un charme certain. Tout d'abord, (et justement) à cause de ces effets spéciaux d'époque. Ensuite, grâce à un scénario qui se tient, faute d'être spécifiquement crédible, ainsi qu'à des personnages bien campés, psychologiquement bien dessinés, qui réagissent à leur manière aux chamboulements extrêmes qui les entourent. Enfin, parce que l'action est au rendez-vous.


L'idée de l'arche de Noé pour sauver les survivants de chaque espèce (minérales, végétales, animales et humaines) est en fin de compte assez originale, et d'une puérilité rafraîchissante.


Les différents comportements de nos protagonistes face à l'adversité (l'homme d'affaire qui tente d'acheter son ticket pour la vie, le questionnement du héros principal quant à sa place méritée ou non dans la fusée, le père - scientifique qui se sacrifie au dernier instant, les techniciens qui essayent de prendre d'assaut le véhicule spatial, l'attitude du docteur) sonnent justes.


Soulignons pour terminer que les femmes et hommes choisis pour quitter la Terre dévastée sont avant tout des scientifiques et des techniciens, un fait assez logique pour une époque en pleine reconstruction industrielle et qui croyait encore dur comme fer à la notion de progrès technique.


Etrange d'ailleurs que pour une fois les militaires ne soient pas de la partie. Pourquoi ? Eh bien tout simplement parce que la thèse de la planète Zyra est jugée ridicule par la la quasi totalité de la communauté scientifique ! 


Bref, un film distrayant, à regarder avec des yeux indulgents quant aux effets spéciaux, comme un bon vieux film des années 50, quand tous les personnages ou presque se baladaient avec une clope à la bouche (bouhhhhhh c pas bien ça !),  quand les voix semblaient enregistrées avec un très léger accéléré, quand les héros étaient humains et… juste une quinzaine d'années avant que le premier homme ne mette le pied sur la Lune. 


AD

Film américain (1951). Science fiction. Durée : 1h 23mn.
Avec Richard Derr, Barbara Rush, John Hoyt, Frank Cady, Peter Hanson 
Réalisé par Rudolph Maté

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